Surmonter la honte ethnique

« La honte se trouve à la racine de bien des brisements sexuels et relationnels. C’est une histoire de cœur brisé et d’idolâtrie qui laisse celui qui en souffre dans le besoin du toucher guérissant de Jésus. Beaucoup d’entre nous avons tenté de traiter ces symptômes, mais Dieu désire guérir Son peuple des blessures et de la honte qu’il continue à porter malgré tout… »

La honte se trouve à la racine de bien des brisements sexuels et relationnels. C’est une histoire de cœur brisé et d’idolâtrie qui laisse celui qui en souffre dans le besoin du toucher guérissant de Jésus. Beaucoup d’entre nous avons tenté de traiter ces symptômes, mais Dieu désire guérir Son peuple des blessures et de la honte qu’il continue à porter malgré tout. La bonne nouvelle, c’est que de plus en plus, Dieu appelle Son peuple à confronter plus concrètement la honte qui a sapé sa relation avec Lui. La honte qui a affaibli la qualité des relations au sein du Corps de Christ et a compromis le témoignage de l’Église vers ceux qui ne Le connaissent pas. Dans cet appendice, nous partagerons avec vous nos histoires personnelles. Afin d’illustrer la façon dont des blessures anciennes ont installé la honte en nous et comment l’œuvre de Jésus sur la croix nous a apporté la guérison.

Sheila :

Il n’y a pas si longtemps, lors d’une conférence Torrents de Vie à laquelle je participais, Andy Comiskey conclut son message en demandant à toutes les personnes de couleur de s’avancer. Les frères et sœurs noirs, asiatiques et latino-américains s’exécutaient. Andy parlait de notre souffrance, de notre lutte pour nous intégrer à la culture majoritaire et de nos difficultés à atteindre ceux de notre propre peuple. Il nous appelait à prendre la place qui nous revenait de droit dans le Royaume de Dieu. Il pleurait tout en parlant, comme la plupart d’entre nous. Je retenais mes larmes jusqu’à la communion. A ce moment là je me mis aussi à pleurer sans pouvoir m’arrêter. J’ai réalisé une chose plus tard : c’était la première fois où je ressentais le fait que mon vécu et ma souffrance aient été remarqués par un blanc. Bien sûr, j’avais entendu à plusieurs reprises des demandes de pardon, pour l’esclavage et le racisme ambiant. Cette fois-ci, c’était différent ! Je ressentais que ma douleur était acceptée. Je pouvais la rendre visible.

Ensuite, en partageant cela avec Andy, nous avons encore une fois pleuré ensemble. Avant la conférence, je vous aurais dit que j’avais déjà réglé cette question des blessures infligées par des enseignants racistes dans mon école primaire à majorité blanche. Je vous aurais aussi dit que je supportais assez bien tous les incidents liés à l’injustice et au racisme. En réalité, pendant toutes ces années, je n’avais affronté qu’une partie des choses. En Son temps, Dieu faisait remonter cela comme s’il me demandait : « Maintenant, est-ce que tu acceptes de tout affronter ? » Je n’avais jamais vraiment réalisé tout l’impact du racisme sur moi, tout comme je refusais de reconnaître la honte que je continuais à porter. Cela me pris un peu de temps avant de réaliser combien ces expériences précoces m’avaient profondément affectée.

Beaucoup d’entre nous ne réalisons pas le coût du racisme, du point de vu physique, mental et spirituel. Les attaques directes sur l’identité succèdent aux vexations mesquines quotidiennes : nous portons ainsi les plaies et les cicatrices infligées par la vie dans une société marquée par la séparation raciale. C’est le prix à payer, comme le fait remarquer l’écrivain afro-américain James Baldwin. Certains d’entre nous n’ont aucune conscience de la profondeur de la souffrance que nous portons. D’autres en revanche ne sont que trop conscients du prix à payer, mais ils ont le sentiment qu’ils doivent simplement vivre avec.

La plupart du temps, nous répondons à ces blessures de trois façons différentes : nous nous replions sur nous-mêmes, nous nous battons ou nous fuyons. Nous répondons de cette manière afin de se protéger ; au bout du compte, cela nous maintient toujours plus prisonniers de la honte. Certains d’entre nous ont été si profondément blessés que nous nous sommes repliés sur nous-mêmes. On se le reproche, pensant que nous aurions pu ou que nous aurions dû faire quelque chose pour l’empêcher. Nous nourrissons ainsi la honte avec des paroles qui affirment que nous sommes indignes, que quelque chose est fondamentalement et irrémédiablement mauvais en nous.

A l’école primaire, de façon quasi quotidienne, j’ai du supporter les soupçons et les accusations de mes instituteurs à cause de ma couleur de peau. J’étais une enfant timide et calme tout en ayant régulièrement de bons résultats. Néanmoins, on m’accusait souvent d’avoir triché lors des devoirs sur table car, dans l’esprit de mes instituteurs, c’était le seul moyen pour que je puisse obtenir de si bonnes notes.

Un souvenir pénible, en particulier, me revient à l’esprit : un de mes camarades de classe m’avait accusée de l’avoir fait trébuché. Quand cela est arrivé, j’étais assise à ma table, plongée dans mon travail. Ce camarade s’est levé et s’est lui-même emmêlé les pieds. Il m’a tout de même accusé de lui avoir fait un croche-pied pour qu’il tombe. L’institutrice c’est immédiatement saisi de l’occasion et m’a demandé de faire des excuses pour l’avoir fait tombé intentionnellement. Les larmes coulant sur mon visage, je lui répétais plusieurs fois que j’étais innocente de ce dont on m’accusait ; mais en vain. Elle a même fait monter les enchères en insistant pour que je vienne faire des excuses devant toute la classe. En sanglots, je me suis levée et j’ai finalement obéi à ses exigences.

Ce jour-là, je me suis repliée sur moi-même. A l’école, j’ai donc appris qu’il valait mieux accepter les choses pour pouvoir aller de l’avant, qu’il valait mieux se tenir tranquille et accepter les circonstances. Peut être que si j’avais eu la bonne attitude, je n’aurais pas subi ses réprimandes. Ceci résume mon expérience à l’école primaire, mais cela affectait profondément mon estime de soi et mon sentiment de valeur en tant que petite fille, puis en tant qu’adulte noire. J’ai intégré le message suivant : « Je ne suis pas suffisamment bonne. » Dans ma tentative de créer une forteresse sécurisante, qui me protège de ce qui pourrait potentiellement me blesser, je me suis émotionnellement réfugiée derrière un mur. Je pensais que là j’étais protégée, mais je me suis aussi emmurée avec ma douleur et ma honte. J’ai déambulé avec chaque jour, jusqu’à ce que je laisse le Seigneur me guérir.

Une autre façon de répondre à la blessure est de fuir. Nous nous réfugions dans le déni qui nous persuade que rien ne s’est passé, que c’était pas si grave, que nous ne sommes pas si en colère ; peu importe ce qui s’est passé. On en rit de bon cœur. Nous faisons alors une fausse paix, tout en croyant que si on ne confronte pas le problème il finira par s’éloigner de nous. Ce n’est jamais le cas ! Nous pouvons être prompts à pardonner mais cela ne vient pas du cœur et nous restons enracinés dans la honte.

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Nicolas :

Pour beaucoup, la fuite a pour conséquence principale de nous pousser à vivre derrière un masque, créer une autre personne que l’on s’invente pour préserver un sentiment de sécurité. C’est ce que j’ai vécu : je me suis réfugié dans mon esprit. Je me suis coupé de mes émotions. Émotions que je ressentais et qui concernaient ma valeur et ma dignité. Je ne les comprenais pas mais elles étaient présentes malgré tout.

Curieusement, la source principale de mes blessures n’était pas directement liée à une agression de type raciste, par une personne de race blanche. Mais plutôt, liée à une société raciste et à ses préjugés sur ce que le fait d’être noir signifie. Cette réalité modifiait la façon dont mes parents me préparaient à entrer dans la vie. Je me souviens que jour après jour, ma mère me répétait que mes études étaient la porte qui me garantirait la réussite dans ce monde. Mais comme c’était un monde de blancs, bien faire n’était pas suffisant : je devais très bien faire. Je devais « exceller, être le meilleur », comme on me le demandait. Pourquoi ? Parce que j’étais un garçon noir et que dans cette société, les blancs s’attendaient à de mauvais résultats de ma part ou n’avaient même pas de quelconques attentes me concernant. Parce que je vivais dans un monde de blancs, même si j’étais aussi bon que les autres enfants blancs, la reconnaissance allait toujours aux privilégiés : Ainsi je ne pouvais pas me permettre d’être simplement aussi bon que mes camarades de classe blancs, je devais être bien meilleur qu’eux.

J’ai retenu plusieurs messages de ce type d’éducation, comme autant de mensonges que j’ai crû à mon sujet. L’un d’eux était un message de haine de soi. Il doit y avoir quelque chose de défectueux en moi qui ne m’autorisais à être reconnu pour qui j’étais ou pour ce que je faisais. Je devais donc me surpasser pour être remarqué. D’une façon ou d’une autre, « être simplement moi-même » n’était pas suffisant.

L’autre message que j’ai cru, c’était que les blancs étaient responsables de mes difficultés. Je restais poli et gentil avec eux, mais je ressentais une profonde méfiance à leur égard car j’étais sans cesse persuadé qu’un jour ou l’autre, on me décevrait ou on me trahirait. De façon plus générale et profonde, je n’avais confiance en personne (remarque personnelle : si vous m’aviez fait suggérer cela à l’époque, je vous aurais répondu que je ne savais pas de quoi vous étiez en train de parler). Je fuyais sans cesse, je fuyais mes émotions et mes sentiments. Je me concentrais sur ce qu’il fallait faire pour assurer ma survie. Je me suis retranché dans les livres, j’ai excellé dans mes études, et toutes les activités auxquelles je prenais part. Je me suis ainsi coupé de mon cœur, de ma douleur face à la situation et de la colère (qui ne sortait jamais, mais qui s’exprimait d’une autre façon.)

Une troisième façon de répondre aux blessures, c’est de se battre. Ceux qui le font ne vont pas jusqu’à organiser une éventuelle revanche, mais essaient néanmoins de l’imaginer : imaginer que d’une façon ou d’une autre, celui qui nous a blessé va finir par payer. Nous adoptons souvent une posture agressive face au monde. Il est ainsi facile de ressentir la colère, mais ressentir la douleur est une autre paire de manche. Il est facile de se déchaîner contre l’injustice, car nous évitons ainsi de retirer la flèche et d’affronter la douleur de ce qui s’est passé. Cela nous évite aussi d’avoir à affronter ce soupçon, ancré dans la honte, qui insinue qu’ils ont peut-être raison d’agir comme ils le font. Alors, en lieu et place, nous choisissons la colère.

Ma colère a pris deux directions. D’abord, il y avait ma colère à l’égard des blancs qui avaient, à leur propre avantage, mis en place des exigences élevées à l’égard des noirs pour qu’ils puissent être acceptables. Puis, il y avait ma colère à l’égard des noirs qui ne remplissaient pas ces exigences (Je ne dit pas qu’à l’époque que ce que j’en comprenais avait du sens…) Ma colère s’est aussi étendue aux noirs qui, par leur attitude, jetaient le discrédit sur la façon dont j’essayais de remplir ces exigences.

Je suis donc devenu une personne fondamentalement seule, qui ne pouvait avoir confiance en personne, noir ou blanc. Je me retrouvais tout seul. Je connais beaucoup d’autres personnes avec des histoires similaires qui, si on les avait provoqué, auraient déversé leur colère sur un vendeur, sur un vigile qui les aurait suivi d’un peu trop près dans un magasin ou sur un policier qui les aurait arrêtés pour « conduite en étant noir. »*** En ce qui me concerne, j’exprimais ma colère plus froidement. Émotionnellement, je ressemblais aux vulcains dans la série TV « Star Trek », ces personnages de science-fiction qui ne laissent transparaître aucune émotion. C’était un moyen très efficace pour maintenir les gens à distance. Après tout, on ne savait jamais ce qui pouvait arriver si on poussait le bouchon trop loin avec moi. Et peut-être qu’effectivement, personne ne l’aurait jamais sur.

(*** Traduction littérale de driving while black. Jeu de mots anglais entre la couleur du conducteur et son état d’ivresse : « être noir », en français comme en anglais d’ailleurs, veut dire « être ivre ». La bonne traduction serait bien sûr « conduite en état d’ivresse », mais elle ne rend pas le jeu de mots du texte d’origine.)

Voici donc le problème : Nous avons tous été blessés. Le péché nous a atteint cruellement et profondément et au lieu d’affronter cette réalité, nous la « gérons. » Pour beaucoup d’entre nous, c’est une vieille habitude héritée de nos ancêtres, un mécanisme de survie dans ce monde. Comment alors traiter nos blessures et notre honte ? En allant à la Croix. Grâce à la Croix et à la résurrection, Christ se tient maintenant devant nous et attend que nous venions à Lui avec notre souffrance, notre honte et notre état désespéré pour recevoir la guérison.

isolement4Nous devons venir à Lui et Lui demander de visiter ces zones de douleur, de honte. Ces blessures dont nous avons souffert à cause du péché qui a été déposé en nous, ainsi que de sonder les moyens que nous avons utilisés pour nous en débarrasser. Nous ne pouvons nous guérir nous-mêmes par l’intermédiaire d’affirmations positives. Nous devons venir à Jésus en sachant que Lui seul peut nous montrer comment rejeter ces étiquettes qui nous ont été apposées et qui sont collées sur nous de façon quasi quotidienne. Il nous donne la force de renoncer à ces noms qui nous ont été donnés par d’autres.

Beaucoup d’entre nous avons intériorisé la honte : c’est pourquoi nous ne connaissons pas notre propre histoire. On peut alors être tenté d’adopter l’histoire de quelqu’un d’autre. Quand on attend que ce soit les autres qui nous disent qui nous sommes, nous reflétons une fausse image de notre identité. Au lieu de refléter l’image de Dieu, notre Créateur, nous acquérons un faux moi. C’est une forteresse qui limite beaucoup ce que nous pourrions recevoir de Dieu. C’est le vrai Moi qu’Il veut bénir abondamment ! Une des œuvres centrales de la croix est donc de briser le pouvoir du péché et des forteresses dans nos vies pour nous permettre de marcher dans la vraie personne que Dieu a prévu que nous soyons.

Je suis un témoignage vivant de la puissance de la Croix pour restaurer, guérir et transformer. Au fur et à mesure, j’ai acquis de plus en plus la certitude de la profondeur de mon brisement et combien la honte liée au racisme avait affecté négativement ma vie et mes relations. Je savais que quelque chose devait changer. Ma souffrance affectait également mon couple et ma capacité à entrer en relation avec mes enfants.

Une occasion de partir pour l’Afrique du Sud dans le cadre du ministère s’est présentée à moi et puisqu’une session de formation Torrents de Vie avait lieu en même temps, je décidais d’y assister. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré la puissance de Dieu qui me purifiait au plus profond de moi-même. J’ai été capable de voir clairement la profondeur de mes blessures et de ma honte. C’était en lien avec le racisme et comment il avait limité ma capacité à aimer et à entrer en relation de tout mon cœur. Alors que la semaine touchait à sa fin, je n’avais toujours pas affronté les racines du problème. Cependant, tout ce qui s’était passé cette semaine là avait été orchestrée par le Saint Esprit.

C’est ainsi que je me suis retrouvé dans un petit groupe avec cinq autres hommes, tous blancs Sud-africains. Dans ce petit groupe, nous sommes encouragés à être vrais et honnêtes en ce qui concerne nos luttes. Étant le seul noir du petit groupe, la dernière chose que je voulais faire était de révéler la source de ma souffrance à « l’ennemi ». Mais le Saint Esprit me rappela que je ne décidais pas de savoir si c’était le bon moment et que la présence de ces hommes était nécessaire à ma restauration et à ma guérison. Quand je m’y suis soumis, des années de rage, de douleur et d’amertume se déversaient alors. Dans ce qui a été, émotionnellement parlant, le moment le plus honnête de ma vie. Je criais à Dieu combien j’étais en colère contre Lui à cause de l’injustice dont j’avais souffert et plus particulièrement à cause du fait que j’avais dû affronter cela seul. « Où étais-tu ? », demandais-je. « Où étais-tu quand tout cela est arrivé ? » En une fraction de seconde, le Saint Esprit me conduisit devant la croix. Je vis clairement Jésus étendu à terre. Un homme se tenait au-dessus de lui et brandissait un fouet, un instrument de torture abominable. D’une main experte, il commençait à fouetter l’Innocent, chaque coup déchirant sa chair. Je ne pouvais pas supporter cela et je criais à l’homme d’arrêter, mais il continuait encore, meurtrissant cruellement le corps de Jésus.

Après en avoir terminé, il se retira et un autre homme prit sa place. Il sortit un maillet et des clous, ajustait les mains de Jésus sur le bois et enfonçait les clous dans ses mains. Jésus hurlait et je hurlais aussi, suppliant qu’on mette un terme à cette folie. « Arrêtez ! » Criais-je, « Vous lui faites mal, arrêtez ! » Je n’étais pas écouté. Il passait de l’autre côté de la Croix et poursuivait son travail avec une précision macabre, jusqu’à ce que les mains et les pieds de Jésus soient cloués.

La vision prit fin et j’entendis de façon audible : « Voici ce qui est arrive alors que tu souffres. J’étais avec toi tout le temps. » J’ai été soulagé d’un fardeau qui m’avait lié pendant des années. Spectaculairement, j’étais en mesure de me lever, de bénir et de pardonner tous les blancs de mon petit groupe. Ce n’était pas une mince affaire pour moi, pour la plupart d’entre eux, c’était la première fois qu’ils avaient l’occasion de voir de très près la douleur d’un noir. Dieu n’a pas perdu de temps en déversant Sa bénédiction de cette façon.

La Croix est toujours le point de départ et la ligne d’arrivée. C’est le moyen dont Dieu se sert pour garder nos cœurs ouverts et pour que nous puissions entendre Sa voix qui nous dit qui nous sommes. Cela nous permet de ne pas remettre nos masques. Quand nous commençons à sortir de la honte, nous reconnaissons enfin que notre voix est unique, que nous avons une façon unique d’exprimer l’image de Dieu. C’est une histoire que vous seuls pouvez raconter !

Le défi dans ce monde est de parler avec la voix que Dieu vous a donné et de raconter votre histoire. Le fait d’être noir avec une histoire, un héritage et le fait d’être né à cette époque n’est pas un accident ; cela fait partie du projet de Dieu (Ps 139.13-16). Il nous appelle à accepter tout cela comme un cadeau de Sa part. D’autres devront eux aussi se débattre avec la plénitude pour laquelle Dieu nous a créés.

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Nicolas et Sheila :

Dans le cadre de relations saines et d’un engagement mutuel, nous avons aussi expérimenté une plus grande libération de la honte. Ces relations au sein desquelles nous nous trouvons nous permettent d’avancer et de parler en utilisant la voix que Dieu nous a donné pour raconter notre histoire. Ces relations sont source de restauration car elles affirment qui nous sommes en vérité. Grâce à elles, nous avons pu vivre cette bonne nouvelle qui dit que nous appartenons au peuple noir avec une culture et un héritage qu’on ne peut contester. Ce sont des relations qui nous permettent d’être honnêtes sur ce que nous ressentons. Ces personnes ne se sont pas enfui ou n’ont pas essayé d’arranger les choses comme elles pouvaient . Elles ont marché avec nous malgré l’impact du passé et malgré les expériences actuelles de racisme.

Nous devons nous entourer de ceux qui connaissent nos véritables noms et qui nous bénissent en les utilisant. Avez-vous une relation bonne et solide auprès de laquelle vous pouvez toujours entendre la vérité sur vous exprimée par un autre, qui vous encourage et vous maintient dans l’honnêteté ? Cette relation peut vraiment être un lieu où l’on peut devenir plus authentique, pour que nous puissions tous mieux servir le Corps de Christ.

Même si nous pouvons vivre libérés de la honte, la réalité est que nous pouvons continuer à rencontrer des personnes qui vont essayer de nous blesser et de nous plonger dans la honte. Ce sera peut-être « le raciste de la première heure », mais aussi plus vraisemblablement ceux qui, presque inconsciemment, agissent dans un monde aux préjugés infligeant la souffrance. Nous continuerons à subir des agressions causées par le brisement d’une société marquée par le racisme. Le défi sera donc de ne pas retomber dans les vieux schémas du type : se replier, fuir ou combattre.

En ce moment, le défi est de rester attentif à ce que nous ressentons et d’inviter la présence du Seigneur en nous. Pour certains d’entre nous, cela signifie demander au Seigneur de nous aider à reconnaître ce que nous ressentons vraiment. Le Seigneur nous invite à placer sur la Croix la blessure et la honte et Lui permettre de nous diriger dans nos réponses. Parfois, le Seigneur nous amènera à abandonner ; d’autres fois, la solution appropriée sera la confrontation. Tout ceci doit provenir d’un endroit sain et saint. Dans ces moments-là, nous avons besoin de savoir que nous avons un Père dans les cieux qui voit tout, que nous avons Jésus qui plaide en notre faveur, que nous avons le Saint Esprit pour nous consoler et transformer nos cœurs et nos actions et enfin que nous avons des membres du Corps de Christ qui se tiennent à nos côtés.